Revista de creación literaria en busca de creadores del mundo
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jueves, 23 de julio de 2026

Setenta, de Antonio Fernández Fuentes


 

SETENTA

Al final miraré para otro lado,
con sienes plateadas por el frío,
por las brisas sonámbulas de hastío
donde el tiempo infinito se ha parado.

Soy otro sol que sigue coronado
con resplandor efímero y baldío
como las noches de este sentir mío,
con su luna de un súbito dorado.

Estos setenta pesan como losas,
como crisol de luces que se alejan
en busca de otras sendas más hermosas.

Aquellos que me quieren me aconsejan
inhalar el perfume de las rosas,
yo prefiero vivir, si al fin me dejan.

Antonio Fernández Fuentes
De su poemario Poemas de la existencia 

martes, 15 de marzo de 2022

Carmen V, de Catulo

 



Vīvāmus, mea Lesbia, atque amēmus
Rūmōrēsque senum sevēriōrum
Omnēs ūnius aestimēmus assis!
Sōlēs occidere et redīre possunt:
nōbīs cum semel occidit brevis lūx,
nox est perpetua ūna dormienda.
Dā mī bāsia mīlle, deinde centum,
dein mīlle altera, dein secunda centum
deinde usque altera mīlle, deinde centum.
Dein, cum mīlia multa fēcerīmus,
conturbābimus illa, nē sciāmus,
aut nē quis malus invidēre possit,
cum tantum sciat esse bāsiōrum.

                                          (Catulo, Carmen 5)


Lesbia mía, vivamos, nos amemos,
y el gruñir de los serios personajes
en total nos importe dos ochavos.
Soles pueden ponerse, y vuelven soles:
al ponérsenos esta lucecita,
una noche a dormir nos queda eterna.
Dame besos, y mil, y luego ciento,
luego mil otra vez, de nuevo ciento,
luego mil sin parar, y luego ciento;
luego, ya que sumemos muchos miles,
confundamos la cuenta, no sepamos
ni un malvado nos pueda echar mal ojo
cuando sepa que había tantos besos.

jueves, 27 de abril de 2017

Não mais sob a Árvore de Bô, de Jorge Lauten

Não mais a pureza de Ramabyana
o incenso e o sândalo
os pés nues nas pedras do templo

enquanto eles comerem na minha mesa
na velha casa de Dili
não mais me sentarei sob a árvore de Bô

jueves, 24 de septiembre de 2015

Selección poética de Arnaud Talhouarn



Poème souffrant de délabrement

Une voix dit : « toi, sois comme toi,
toujours. »

« Tu es comme ceci, approche donc comme ceci. Tu es comme cela,
mais approche donc comme cela, viens, viens
vers nous, tiens-toi
sous nos yeux. »

Dans une
obscurité faite de lacunes et d'interstices, pourtant il
existait. 

« Tes questions, vois-tu, sont tellement vides qu'elles
ne peuvent provenir de personne, ne sont posées par
personne. »

La nuit où l'être qui vient vers nous, n'approche ni par ce chemin, ni par cet autre chemin,
dont le cœur n'est ni fervent, ni indifférent,
ni plein de colère, ni pur, ni habité, ni vide : la
nuit, creusée par la mâchoire sèche de notre invocation.

Empoigne-la.




Etat des lieux

Aimer serait, comment dire, le tribunal de l'âme, immense
épreuve (je
ne parle pas de questions techniques, mais le cœur avant tout a sa part dans l'énorme échec que constitue, sous cet aspect, l'existence.
Enorme, certes, boursouflé à la manière d'un membre atteint de gangrène et dont je constate, à la fin, qu'il a les dimensions de l'âme entière :
noire, suintante)
dont la difficulté et la complexité excèdent mes forces.

Naguère je m'y attelais avec patience.
Chaque jour naissait avec, telle une femme dont la poche des eaux est près de crever, une lourde charge d'espérances pour les heures qui, immanquablement, viendraient.
Rien ne venait à ma rencontre ; ou bien je ne savais aller à la rencontre de rien : choisir entre l'une ou l'autre de ces interprétations, quelle importance aujourd'hui ?

Tourne-toi donc vers rien.

Ou bien, plutôt, tourne-toi vers ce qui, à l'intérieur de toi, s'obstine à remonter des champs de modestes décombres (ah, la question du bien gésir : celle-là aussi, est-elle pas maintenant bien réglée !) fragments d'un discours réduit à l'état de tranchantes arêtes.




Ballade du retour malheureux

Badine tournée d'un côté : débris, fragments et ruines, donc c'est bien.
Pivote sur l'axe de ton assiette, badine calée de l'autre côté, et puis ajuste donc ton monocle : paysage désolé, étendue de sable analogue à un inextinguible désert, et donc morbleu c'est bien vraiment, tout ça. C'est extrêmement satisfaisant.

Cependant
la seule surrection de ton crâne au-dessus de ces champs de morne extinction, suffit à interrompre la perfection de ladite
morne extinction.

Rumeur montant, de tout cela, rumeur sourde, incessante et, malgré tout,
encore scandée.
Faisant retour : oui, en effet c'est une malédiction.




Dans le monde

Question d'hier, et aussi d'avant-hier, concernant les parois de ladite étroitissime cellule : depuis quand existent-elles ?
La mémoire des constructeurs en est perdue. « Ni de l'avant ni de l'après, ni de l'en deçà ni de l'au-delà, ni du dehors ni du dedans » ânonnent leurs bouches déchaussées.
L'homme qui se débat, rampant d'un côté et d'autre, pourvu d'un désir inquiet et ardent, se heurtant et se blessant pour rien,
c'est moi.

Perplexe, informulé.

Fourbus davantage qu'inspirés par la patience ni l'intelligence, un jour (ce jour-là) j'arrêterai de moudre au roc mes os. Jour analogue au baptême d'un frêle esquif, bercé par la doucement clapotante, inepte révélation de l'absente origine : « Les parois, les mains qui les édifièrent, n'appartiennent à personne: existantes, sans origine non plus que nécessité.
L'obscurité qui emplit l'intérieur, n'est la substance ni le véhicule d'aucun dieu. »

En ce jour d'anodine victoire, avant de parler,
toussote une fois ou même deux, te préparant de la sorte à entendre la vibration d'une voix enfin éclaircie.




Poemas en versión original que aparecieron en el número tres de Acantilados de papel, dedicado a París: Siempre nos quedará París. Datos del autor, biografía, fotografía, pinchando el enlace.